Un weekend à Amsterdam

written by Margaux 27 novembre 2016
Maisons amsterdam

Après les canaux de Venise, nous avons décidé de voguer sur ceux d’Amsterdam. Pour beaucoup de personnes, cette ville se résume aux coffee-shops et aux vitrines du Quartier Rouge. Amsterdam est pourtant beaucoup plus que cela ! En quatre jours, nous sommes loin d’avoir tout vu mais voici un petit aperçu de la Venise du nord…

amsterdam

Nous sommes partis en Thalys de la gare du Nord. Amsterdam est à environ 3h20 de Paris en train. En s’y prenant à l’avance, nous avons trouvé des billets en première classe pour l’aller, à peine plus chers que le retour en seconde. Et pour tout vous dire, on ne le regrette pas ! Le Thalys en 1ère, c’est quand même la grande classe : des sièges hyper confortables, des magazines, un goûter dans la matinée (café, thé et pâtisseries à volonté… et en plus c’est bon !), un plateau repas à midi… Le voyage passe assez vite !

 

La ville

Pour commencer, petite mise au point : non, les habitants des Pays-Bas ne s’appellent pas les Hollandais, mais les Néerlandais. La Hollande est une province, ou plutôt deux si on est précis : la Hollande Septentrionale (où se trouve Amsterdam) et la Hollande Méridionale, parmi les douze que compte le pays. Les habitants d’Amsterdam se nomment quant à eux les Amstellodamois.

Amsterdam tire son nom de la digue (Dam) qui fut construire sur la rivière Amstel au XIIIème siècle, évènement qui marque la naissance officielle de la ville. Un système de canaux et d’écluses fut ensuite construit, pour notamment permettre d’assécher cette zone marécageuse, faciliter le transport et défendre la ville. Le réseau de canaux s’étend aujourd’hui sur plus d’une centaine de kilomètres, et découpe environ 90 îles, reliées par plus de 1400 ponts. Vu du ciel, cet ensemble forme une sorte de toile d’araignée.

Canaux d Amsterdam

Canaux d Amsterdam

Qui dit eau, dit bateau. Nous avons donc fait une petite balade sur les canaux, de nuit, le soir de notre arrivée. La jeune entreprise française Amsterdam Vélo propose des visites guidées apéritives d’1h30 à travers les différents quartiers de la ville. Le bateau est électrique, donc silencieux, et de taille raisonnable puisqu’il transporte 30 personnes au maximum. A bord, un guide francophone apporte des explications sur l’histoire de la ville et son architecture, et sur la vie quotidienne des Amstellodamois.

Amsterdam Vélo propose aussi des visites à pied, et bien sûr en vélo. Les Pays-Bas sont le paradis du vélo. On dit d’ailleurs qu’à Amsterdam, il y a plus de bicyclettes que d’habitants. Et pourtant, nous n’avons pas donné un seul coup de pédales de tout le séjour. Je l’avoue, j’avais un peu peur d’enfourcher un vélo. Je pense que pour les personnes ayant l’habitude de rouler en ville, faire du vélo à Amsterdam est un bonheur. Il y a des vélos partout, le terrain est plat, le trafic est fluide, et les cyclistes ont priorité sur les voitures et les piétons. Mais pour quelqu’un qui n’est pas très à l’aise, comme moi, c’est assez effrayant ! Le nombre de vélos est énorme, ça roule dans toutes les directions et assez vite.

Parking à vélos, Amsterdam

Le garage à vélos près de la gare centrale

Du coup, nous avons choisi de faire une seconde visite guidée à pied, dans le centre-ville. Pour les deux visites, qui sont assez complémentaires, nous avons eu deux guides différents, Sébastien et Samad, tous deux très sympathiques et disponibles. Le fait que la taille des groupes soit réduite permet de poser des questions et de discuter avec le guide.

Grâce à ces deux visites, nous avons notamment appris qu’à Amsterdam, 178 nationalités se côtoient (record mondial !), que le quartier du Jordaan (jardin en néerlandais) a été appelé ainsi en raison des noms de fleurs que portent ses rues, ou encore que la patine des comptoirs en bois a donné leur nom aux célèbres cafés bruns.

Une  des premières chose que nous avons remarquée en arrivant est que les Amstellodamois n’ont ni rideau ni volet. Cela donne une impression assez étrange, surtout lorsqu’on passe devant les fenêtres d’un appartement situé au rez-de-chaussée et que ses habitants sont en train de dîner. On se demande si on est devant un restaurant ou un appartement témoin. Cette habitude vient du passé protestant de la ville. Sans rideau, chacun peut voir qu’à l’intérieur, on n’a rien à cacher et qu’aucun péché n’est commis dans la maison. Cela permettait aussi aux femmes de marins pêcheurs de montrer qu’elles ne trompaient pas leur mari lorsque celui-ci était en mer. Aujourd’hui, on assiste dans certains quartiers bourgeois à une sorte de concours du plus bel intérieur, façon catalogue Modes et Travaux.

L’absence de volets est une affaire de poids. En effet, les maisons ayant été construites sur des pilotis reposant sur une fine couche de sable, les maisons bougent, penchent, parfois de manière assez impressionnante ! Pour qu’elles ne soient pas trop lourdes, on allège par tous les moyens : pas de volet, des grandes fenêtres, ce qui permet aussi de faire entrer plus de lumière, utilisation de matériaux légers comme le bois et la brique… Les seuls bâtiments qui ont des volets sont d’anciens entrepôts.

Canaux d Amsterdam la nuit

On remarque aussi que les maisons sont très étroites. Tellement étroites, qu’il est impossible de faire passer le moindre meuble par la cage d’escalier lors d’un déménagement. Les maisons sont donc dotées d’un crochet, au sommet de la façade, qui permet de hisser les marchandises. Pour faciliter cette opération, le haut de la façade est inclinée vers l’avant. Ainsi, lorsqu’on monte un meuble jusqu’au dernier étage, il ne frotte pas sur la façade.

Construire sur des terrains marécageux est un sacré défi, que les Amstellodamois ont su relever. Cependant, les maisons sont surveillées de près, surtout les plus anciennes qui ont tendance à s’enfoncer. En cas d’affaissement anormal, il faut parfois reprendre jusqu’aux fondations, car la nappe phréatique n’est pas loin !

Pour parler rapidement du Quartier Rouge, sachez que les vitrines dans lesquelles on peut voir les prostituées (chose assez étrange et un peu dérangeante pour nous…) sont implantées dans quelques rues seulement. Il est très facile de ne pas passer devant. Par contre, une chose difficile à éviter, c’est l’odeur du cannabis ! Durant le weekend, elle était quasiment constante, peu importe le quartier. Cela aurait presque gâché notre séjour si la situation ne s’était pas améliorée les jours suivants.

 

Les visites

Amsterdam abrite beaucoup de musées. Cependant, vu la météo, nous avons passé le plus clair de notre temps à nous promener le long des canaux. Nous avons quand même visité deux lieux incontournables : le Musée Van Gogh et la Maison d’Anne Frank.

Après une petite balade dans l’agréable Vondelpark, nous sommes allés au Musée Van Gogh (à prononcer « Vane Gorr »), situé sur l’esplanade des musées. Contrairement au célèbre Rijksmuseum, qui se trouve à deux pas, le musée Van Gogh est un bâtiment moderne. Il dispose à l’entrée d’un vestiaire gratuit où l’on peut laisser manteaux et sacs. L’entrée est à 17 €, et il faut rajouter 5 € pour l’audioguide. Pour nous, cela valait le coup de le prendre. Il s’agit en fait d’une mini tablette avec des écouteurs, qui, à travers une sélection de tableaux, nous raconte l’histoire du peintre, et nous explique sa technique et ses intentions. Nous avons trouvé cette visite très intéressante et très instructive.

vondelpark amsterdam

Le Vondelpark

Deuxième visite : la Maison d’Anne Frank. On ne va pas vous mentir, c’est un endroit TRÈS touristique, et c’est une maison… donc les espaces sont restreints… les escaliers raides… donc les visiteurs sont à la queue leu-leu. Mais cela ne gâche pas la visite. On découvre la vie de la famille Frank avant et pendant la guerre, les pièces dans lesquelles elle s’est cachée pendant deux ans avec quatre autres Juifs, les cahiers sur lesquels Anne a écrit son journal… Comme on s’y attend, c’est une visite assez émouvante. A noter pour ceux qui ne font pas la visite : on ne peut pas voir la maison depuis la rue. Le 263 Prinsengracht était le bâtiment abritant l’entreprise d’Otto Frank. La famille s’est cachée dans l’annexe, qui était située derrière ce bâtiment et séparée de celui-ci par une cours.

Pour les musées les plus fréquentés, nous vous conseillons fortement d’acheter vos billets d’entrée avant de partir. A noter que pour la visite de la Maison d’Anne Frank, plus aucun billet n’était disponible la semaine précédent notre séjour. Sur les conseils de Samad, nous avons regardé le site internet la veille pour le lendemain et ô surprise, nous avons réussi à acheter des billets ! Pour ceux qui n’ont pas cette chance, passage obligé par la file d’attente qui peut durer plusieurs heures !

 

Les moulins de Zaanse Schans

Si vous voulez voir des moulins, c’est à Zaanse Schans qu’il faut aller. C’est à cet endroit qu’ont été déplacés à partir de 1950 tout un ensemble de bâtiments typiques de la région ; maisons, moulins et fermes ont été regroupés de part et d’autres de la rivière Zaan. Pour s’y rendre, on peut prendre un bus ou deux trains au départ de la gare centrale. Nous avons opté pour le train (45 minutes de trajet en comptant les dernières 10 minutes de marche). L’endroit est très joli mais paraît quelque peu artificiel. En effet, les bâtiments n’abritent que des restaurants ou des boutiques « artisanales ». D’après le Routard, c’est un des lieux les plus touristiques des Pays-Bas. Heureusement pour nous, il n’y avait pas trop de monde en ce dimanche d’octobre.

zaanse schans moulins

zaanse schans

zaanse schans moulin mill

 

Dormir et manger

Oui, c’est un cliché, mais on assume. Nous avons dormi sur une péniche ! Le Maroxidien est amarré près de la gare, dans l’Oosterdok. L’hôte, Kathrin, habite à l’avant du bateau et les 3 chambres de l’arrière sont réservées aux voyageurs. La péniche est confortable et chaleureuse. Le petit déjeuner bio est un délice : pains divers, fromages, charcuteries, cocktails de fruits, yaourts, céréales,… la plupart des produits changeants tous les jours. Le petit plus : Kathrin parle un français impeccable. Bref, nous avons bien dormi et bien mangé, et l’accueil était parfait ! On vous le conseille.

Côté restaurants, nous en avons bien sûr testé plusieurs. Notre préféré : Latei, un café-salon de thé-brocante original, avec des serveuses sympathiques et des petits plats maison. Une soupe du jour bien chaude, une bonne omelette au fromage et une grosse part de tarte. Tout était bon. En prime, nous avons eu un invité félin à notre table. Invité très discret qui a passé son temps à dormir sur sa chaise.

Un café brun authentique : le Rosereijn, situé dans le Jordaan, est un endroit chaleureux qui sert des plats traditionnels bons et copieux. On peut notamment y manger un excellent stamppot.

Nous avons aussi mangé moins local. Nous avons testé la chaine Wagamama, originaire de Grande-Bretagne et souvent citée dans le Routard, qui sert des plats japonais (ramen, soupes, gyoza, dunburi…). C’est bon, frais, assez copieux et raisonnable au niveau des prix. Puis direction l’Italie avec le Café Piazza, où nous avons mangé de délicieuses pasta malgré un service un peu long. Également côté italien, le restaurant Oggi : un bon plat de pâtes mais note une peu salée, surtout pour les desserts qui n’avaient vraiment rien d’exceptionnel.

Si vous cherchez quelque chose de gourmand à rapporter, on vous conseille Jongejans (plusieurs adresses à Amsterdam). Nous avons goûté leurs stroopwafel et leurs petits biscuits à la cannelle. Autre adresse : la fromagerie De Kaaskamer, une vraie fromagerie, loin des magasins de Old Amsterdam qu’on trouve à tous les coins de rue. Rassurez-vous pour le transport, la plupart des fromages sont sous vide.

 

Pour conclure, Amsterdam est une destination que l’on vous conseille. Si vous n’y êtes encore jamais allés, faite vite ! La ville, comme un quart des Pays-Bas, est située sous le niveau de la mer, ce qui la rend particulièrement vulnérable face aux changements climatiques et à la montée des eaux.

 

Octobre 2016