Une semaine à Perros-Guirec

written by Margaux 9 mai 2016
Phare de Ploumanac'h, Bretagne, Côte de granit rose

Comme souvent, nous partons au bord de la mer au mois de septembre. Il fait moins chaud qu’en plein été et le soleil se couche plus tôt, mais cela permet d’éviter l’affluence touristique (et les tarifs des locations qui vont avec). De toute façon, nous n’y allons pas pour nous baigner et nous pouvons randonner plus agréablement en évitant les grosses chaleurs.

Pour cette semaine, nous avons opté pour Perros-Guirec, sur la Côte de granit rose. Je connais bien les Côtes d’Armor pour y avoir passé beaucoup de vacances quand j’étais enfant, et  je voulais faire connaitre ce coin à Antoine. Nous avons choisi un gîte dans le hameau de la Clarté, à moins de 10 minutes en voiture du centre-ville.

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Perros-Guirec

La ville en elle-même n’a rien d’exceptionnel. On compte deux grandes plages de sable fin. La plage de Trestraou (1,4 km de long), au nord, est la plus ensoleillée. De nombreux amateurs de sports nautiques la fréquentent. La plage de Trestrignel, plus à l’est, est plus sauvage. Depuis la route qui la surplombe, on a une jolie vue sur l’archipel des sept îles et l’île Tomé.

Côté restaurants, nous pouvons vous en conseiller deux. Le premier est le Digor Kalon, restaurant à la façade colorée et à la déco très originale. Le soir, ils servent des tapas à base de produits régionaux, et c’est un délice! Le second est une crêperie, le Ty Breizh. Les galettes et les crêpes y sont copieuses, originales, et surtout excellentes. J’ai également flashé sur les œuvres de Géo-Fourrier qui décorent la salle.

Autre très bonne adresse, la pâtisserie Hémery, située à la Clarté. Elle se trouve sur le bord de la route reliant Perros-Guirec à Ploumanac’h, et n’attire pas forcément l’œil. C’est un laboratoire avec une petite partie boutique. C’est un petit bâtiment moderne, aux murs blancs, pas forcément très chaleureux, mais ne vous fiez pas aux apparences, leurs pâtisseries artisanales sont délicieuses ! Nous avons testé les crêpes, le Kouign Amann nature et celui aux pommes… et on valide !

Plage de Trestraou

Plage de Trestraou

 

Au large…

Les Sept îles

La réserve naturelle des Sept îles a été classée en 1976 mais le site est protégé et administré par la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) depuis 1912 en raison de sa grande richesse ornithologique. On peut y observer les célèbres macareux moines mais aussi des guillemots, des cormorans huppés, des fous de Bassan, des pingouins torda, des mouettes tridactyles, des goélands bruns, argentés ou marins… On y trouve également des phoques gris.

Nous prenons le bateau (compagnie Armor Navigation) à la Gare maritime de la plage du Trestraou. Nous avons réservé la veille, ce qui est obligatoire en saison si on veut être sûr d’avoir une place. Le règlement s’effectue au moment du départ : le billet est à 18€ pour une excursion de 2 heures.

Nous nous installons à l’étage du bateau qui est à ciel ouvert et nous partons en direction de l’archipel. Durant toute la croisière, un guide nous explique l’histoire des Sept îles (qui en réalité ne sont que cinq) et nous parle des différentes espèces que l’on peut observer. Sur l’île Rouzic, les 17 000 couples de fous de Bassan qui y nichent forment un tapis blanc sur la falaise qui fait face au large. On peut aussi y voir des macareux de mars à août, mais à cette période de l’année, ils sont repartis au large. A notre grande joie, nous voyons des phoques gris étendus au soleil sur les rochers. Au retour, nous longeons le chaos granitique de Ploumanac’h et notre guide nous apprend les noms donnés par les pêcheurs aux rochers ayant des formes originales.

Rochers

 

En longeant la côte vers l’ouest…

Ploumanac’h

Ploumanac’h est un ancien village de pêcheurs, rattaché à la commune de Perros-Guirec. Ce lieu est connu dans le monde entier pour son chaos granitique, formé il y a 300 millions d’années et qui  s’étend sur 25 hectares. Il est donc très fréquenté. Hors saison, on peut tout de même s’y balader tranquillement le matin ou le soir. C’est aussi à ces moments que les blocs de roches aux formes extravagantes prennent leur teinte rose-orangé. Ploumanac’h est un superbe terrain de jeu pour les photographes.

Rampe de la SNSM

On peut faire le tour du site par le sentier des douaniers. Des aménagements récents ont permis de restaurer la lande autour du sentier, qui avait subi de gros dommages à cause du piétinement. Le site a vraiment changé depuis mon enfance. Le Conservatoire du Littoral, à qui appartient le site, a vraiment fait du bon travail! A noter qu’on peut rejoindre Ploumanac’h à pied en suivant la côte, au départ de la plage du Trestraou (3h aller-retour).

Près du phare du Mean Ruz, on peut faire un tour à la Maison du Littoral, qui propose des expositions temporaires, des animations mais aussi des randonnées. Attention, en période scolaire elle n’est ouverte que le mercredi après-midi (raison pour laquelle nous n’avons pas pu y aller).

 

Trégastel

Nous avons fait deux petites balades sur la commune de Trégastel.

La première, en bord de mer, autour de l’île Renote, qui est en réalité une presqu’île. On se gare sur un parking situé à l’entrée de la presqu’île, d’où part le sentier qui en fait le tour.

Il faut environ 1h pour faire le tour de la presqu’île par le sentier mais nous y avons passé le double de temps, à marcher dans les rochers ou sur la plage. Ici aussi on trouve de gros blocs de granit aux formes intrigantes, comme le ou la Palette du peintre.

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La seconde balade nous a menés dans la vallée des Traouïero, dans les terres. Cette vallée profonde et boisée est parcourue par un petit ruisseau et parsemée de blocs de granite rose. Grâce à la présence d’un microclimat, de nombreuses espèces rares et menacées de fougères et de mousses s’y épanouissent. Nous avons même ramassé une poignée de girolles que nous avons dégustées le soir même !

Pour explorer ce coin de verdure, n’hésitez pas à vous procurer le plan disponible dans les Offices de Tourisme. Le parcours ne fait que 4 km mais il faut au moins compter 2h, car le relief est assez escarpé! Nous recommandons d’ailleurs les chaussures de rando ou au moins les baskets (surtout par temps humide).

Trégastel est aussi connu pour son aquarium, présentant la faune sous-marine locale. Des sorties découverte sur l’estran sont aussi proposées. Nous avions prévu cette visite en cas de journée pluvieuse, ce qui n’est (heureusement) pas arrivé. Cependant, je garde un bon souvenir des visites effectuées dans mon enfance.

 

Trébeurden

Nous avons fait deux arrêts sur la route entre Trégastel et Trébeurden.

Le premier pour faire le tour de l’île Grande, qui cette fois-ci en est vraiment une ! Bien qu’en dehors du territoire de la commune, l’île Grande appartient à Pleumeur-Bodou. D’une surface de 200 ha, elle est reliée au continent par un petit pont d’une soixantaine de mètres.

On peut se garer sur un parking, situé à 600 mètres après l’entrée de l’île, et en faire le tour grâce à un sentier de 7 kilomètres en 2h30 environ. On longe la côte en passant par les anciennes mines de granit, d’où étaient par exemple extraits les « pavés du Nord », et par la station ornithologique de la LPO.  A l’extérieur, on peut observer dans les volières les oiseaux pensionnaires du centre de soins, et à l’intérieur (entrée payante), on peut notamment voir les images retransmises par les caméras installées sur l’île Rouzic.

En quittant l’île Grande et en parcourant 3 kilomètres vers Trébeurden, on arrive au marais du Quellen. Cet espace discret de 22 ha est parcouru par un sentier, parfois sur la terre ferme, parfois sur des passerelles en bois. Un observatoire permet de découvrir les différentes espèces d’oiseaux qu’abrite le marais. Une agréable petite promenade d’environ 1h.

Côté restaurants, on vous conseille La Tourelle des Roches Blanches situé sur le port. Idéal pour déguster de bons produits de la mer, en ayant une belle vue sur le port.

 

En longeant la côte vers l’est…

Le gouffre de Plougrescant

Gouffre de Plougrescant

A l’est de Perros-Guirec commence la Côte d’Ajoncs. La presqu’île de Plougrescant se situe dans sa partie est. Un circuit balisé de 68 kilomètres permet d’en faire le tour en voiture ou à vélo. Nous n’avons pas fait le tour complet, nous sommes directement allés au gouffre de Castel-Meur qui se trouve sur la commune de Plougrescant. Un parking permet de se garer à l’entrée du site.

L’endroit est vraiment magnifique. Les vagues se fracassent sur les rochers battus par les vents. Les plus grosses entrent dans le gouffre en projetant de l’écume. Non loin de là, on trouve la très célèbre “maison coincée entre deux rochers”, dont les photographies ont fait le tour du monde. Nous avons continué de longer la côte en empruntant un bout du sentier d’interprétation (6 km dans sa totalité), jusqu’à la Pointe du Château. Malheureusement, le temps instable ne nous a pas permis de nous attarder…

Gouffre de Plougrescant - Panorama

 

Le sillon de Talbert

Situé sur la commune de L’Armor-Pleubian, le sillon de Talbert est une langue de sable et de galets rattachée à la Presqu’île Sauvage. Il fait 3 kilomètres de long et 35 mètres de large (à marée basse).

C’est un milieu riche mais fragile. Il abrite de nombreuses espèces d’oiseaux : sternes naines,  bécasseaux, courlis, chevaliers, pluviers, huîtriers-pie, gravelots, tournepierres… Certaines nichent même dans les galets. Les bernaches cravant, petites oies venant de la toundra sibérienne, se rassemblent ici par centaines à l’approche de l’hiver. Côté végétaux, on trouve des choux marins qui participent à la fixation des galets, des oyats ou encore des chardons bleus.

On peut parcourir le sillon à pied jusqu’à son extrémité, puisqu’il reste toujours émergé dans sa partie haute. Il est toutefois demandé aux visiteurs d’éviter certaines zones afin de réduire le piétinement des végétaux et le dérangement de l’avifaune. Arrivés au bout, nous nous sommes longuement arrêtés, assis dans les galets, regardant la mer parsemée d’îlots rocheux avec le bruit des vagues en fond sonore… Très apaisant. De là, on peut apercevoir le phare des Héaux, le plus haut de France avec ses 45 mètres. Bien que la marche dans les galets soit assez exténuante, cette balade nous a beaucoup plu.

En repartant, nous nous sommes arrêtés à l’ancien sémaphore du Creac’h-Maout. Perché sur un promontoire rocheux, le site offre une magnifique vue sur le sillon de Talbert et l’île de Bréhat.

 

Ile de Bréhat

Bréhat est en réalité constituée de deux îles, reliées par un petit pont en pierre. Elle fait environ 3,5 km de long pour un maximum de 1,5 km de large et elle est située au cœur d’un archipel de plus de 80 îlots et récifs.

Nous embarquons à la Pointe de l’Arcouest, où nous laissons la voiture dans un parking payant. Après 10 minutes de traversée (compagnie Les vedettes de Bréhat), nous arrivons sur Bréhat par le sud. Ici, pas de voiture. On ne circule qu’à pied ou en vélo. Nous croisons aussi quelques petits tracteurs.

Avant de partir, nous avons imprimé la carte des routes et sentiers. Il y a de quoi faire ! Nous commençons par les Verreries de Bréhat, qui se sont installées dans un vieux fort du XIXème siècle. L’endroit est assez désert en cette saison, ce qui nous permet de prendre le temps d’observer tranquillement les maîtres verriers qui sont au travail. Nous faisons aussi un tour dans la boutique où sont exposées de véritables œuvres d’art.

Nous continuons notre chemin. Nous passons par le moulin à mer puis nous grimpons vers la chapelle Saint Michel, perchée à 33 mètres d’altitude. La vue panoramique sur l’île est superbe. Nous poursuivons ensuite vers la Croix de Maudez, près de laquelle nous pique-niquons, nichés dans les rochers qui surplombent la mer.

Après manger, nous traversons le pont Vauban pour passer sur l’île Nord pour nous rendre au Phare du Paon, le point le plus septentrional de l’île. Ce paysage de landes et de côte granitique est magnifique. Nous continuons vers l’est et passons sur une digue de galets pour atteindre l’Amer du Rosedo. En redescendant vers l’embarcadère, nous traversons le bourg où se trouvent la plupart des restaurants et quelques commerces.

Pour bien profiter de l’île et de ses paysages, mieux vaut partir sur la journée. En regardant bien la météo avant !

 

Bref

Séjour reposant, riche en découvertes pour Antoine et plein de souvenirs pour moi. La Côte de granit rose est vraiment magnifique, avec ses paysages variés et changeants selon la météo. A propos, prévoyez toujours un K-way dans votre sac à dos, on est en Bretagne! Même si le temps est clément, il est souvent instable. Pour les amateurs de photos, le filtre polarisant ne sera pas de trop 🙂

 

Septembre 2015